arsifal

estival scénique sacré en trois actes créé le 26 juillet 1882 au Festspielhaus de Bayreuth

omplexe, hermétique et symboliste, Parsifal, l'ultime œuvre du Maître, doit être entendu, lu, puis encore entendu sans répit jusqu'à la découverte progressive des arcanes du festival scénique sacré qui, par-delà ce qui n'est qu'une apparence de christianisme, instaure une nouvelle foi : le wagnérisme.

ersonnages

Parsifal (ténor)
Gurnemanz, écuyer du Roi du Graal (basse)
Amfortas, Roi du Graal (baryton)
Titurel, son père (basse)
Klingsor, l'ensorceleur (baryton)
Kundry (soprano)
Les chevaliers du Graal, les pages et les filles-fleurs du jardin enchanté de Klingsor (chœur)

xtraits musicaux

Prélude à l'acte I (4'01)
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Transformation du temps en espace (acte I) (5'23)
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La séduction des filles-fleurs (acte II) (2'45)
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Enchantement du Vendredi Saint (acte III) (4'35)
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Cortèges des chevaliers du Graal (acte III) (4'40)
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écit

ans les Pyrénées se dresse le château de Montsalvat bâti par Titurel, le premier Roi du Graal, qui avait recueilli le précieux calice de la cène en même temps que la lance de Longin qui perça le flanc du Christ crucifié. Nul ne peut trouver le chemin du sanctuaire s'il n'a été désigné par le Graal pour devenir son chevalier et son gardien auquel il prodiguera ses miracles, offrant force et puissance, sagesse et bonté, nourriture et boisson. Certains voulurent accéder au suprême service du Graal et parmi eux Klingsor qui désirait expier tous les péchés qu'il avait commis, mais, ne parvenant pas à faire taire en lui l'envie et le désir, il se mutila les génitoires. Quand il approcha de Montsalvat, il fut refoulé, car son âme était demeurée impure. Renonçant à la voie de la perfection, il lui préféra le chemin des sortilèges et se jura de détruire jusqu'à la raison d'être du château du Graal en cherchant à éveiller par des artifices les sens des chevaliers. Pour y parvenir, Klingsor changea une terre aride de l'Espagne mauresque en un jardin empli de filles-fleurs ayant pour mission de tenter les chastes servants du Graal. Après bien des années, le vieux Roi Titurel mourant céda le trône à son fils Amfortas qui estima que la menace que l'ensorceleur faisait peser sur Montsalvat était devenue intolérable et qu'il convenait de mettre un terme à l'outrage. Armé de la sainte lance, Amfortas se dirigea vers le palais de Klingsor. Mais celui-ci, afin de s'assurer la victoire sur le Roi du Graal, avait placé sous son emprise la sorcière Kundry, femme maudite à moitié folle, vouée au péché et qui pourtant aspirait à la rédemption sans avoir jamais la possibilité d'y parvenir. Ce fut ainsi qu'à son arrivée chez Klingsor, Amfortas fut séduit par une femme captivante et tentatrice qui n'était autre que Kundry. Fou d'ivresse dans les bras voluptueux de la belle, le Roi lacha sa lance dont s'empara vivement l'ensorceleur qui infligea à Amfortas, gardien du Graal qui avait succombé à ses sens, une plaie au flanc qui ne se refermerait jamais et qui symboliserait pour toujours le triomphe de Klingsor. Anéanti et diminué, Amfortas fut ramené au château du Graal où il devait quotidiennement célébrer l'office. Mais à chaque cérémonie, dès que la coupe sacrée de la pureté était dévoilée, la plaie se rouvrait, béante et sanglante, faisant subir le martyre au Roi. À travers le monde entier, les chevaliers autant que Kundry qui jouait souvent le rôle de messagère pour la communauté du Graal cherchèrent sans relâche un remède qui pourrait atténuer les meurtrissures de la chair d'Amfortas à défaut de parvenir à octroyer la délivrance au Roi-pécheur qui reçut du calice l'énigmatique message lui révélant la venue d'un rédempteur : "Sachant par la pitié, le fol pur, attends-le celui que j'ai élu !"

 

cte I

u petit matin, dans une clairière entre le château de Montsalvat et le lac en contrebas, Gurnemanz, homme mûr et écuyer du Roi du Graal, s'éveille et enjoint à deux pages de préparer le bain d'Amfortas dans l'onde proche. Comme approchent deux chevaliers en provenance du château, il s'enquiert de la santé du Roi, mais se voit confirmer que le baume rapporté par Gawan n'a été d'aucun secours. Surgit alors comme une furie Kundry qui a découvert un nouvel onguent pour soulager le fils de Titurel. Parvenu à la clairière, le Roi porté sur sa litière et qui a appris que Gawan s'en était allé de par le monde à la recherche d'un nouveau remède déplore que, par sa faute, les chevaliers partis au loin soient ainsi exposés aux pièges de Klingsor. Pour être délivré de ses tourments, il appelle la mort à lui, mais Gurnemanz invite le Roi à pourtant essayer le baume de Kundry que remercie Amfortas qui ne l'a jamais tenue pour la véritable responsable de leur malheur commun. Le souverain est ensuite emmené vers le lac tandis que des pages invectivent la femme tentatrice pour laquelle intercède Gurnemanz qui entreprend d'enseigner aux jeunes gens toute l'histoire du Graal et de la déchéance d'Amfortas. Tout à coup retentissent des cris : dans la clairière s'abat, mortellement blessé par une flèche, un des cygnes sacrés du lac. Très rapidement, le chevaliers arrêtent le criminel, un jeune homme aux cheveux blonds qui ne sait d'où il vient, ni où il va, qui ne sait quel est son nom, ni celui de son père et ne garde de souvenir que de sa mère, Herzeleide. Gurnemanz fait prendre conscience à l'étranger de l'horreur du crime gratuit qu'il a commis tandis que Kundry, enseignée de bien des choses, révèle à l'enfant fou dont elle ne divulgue pas le nom qu'il est le fils de Gamuret qui mourut au combat contre les mahométans, ce qui incita Herzeleide à éloigner son enfant du monde et de ses dangers. Puis un jour, ayant vu de fiers chevaliers, le jeune garçon s'en était allé par monts et par vaux. Enfant sauvage, il ne sait ni le bien, ni le mal, si bien que quand Kundry annonce que Herzeleide, consumée de chagrin par le départ de son fils, est morte, il se jette à la gorge de la sorcière jusqu'à ce que Gurnemanz intervienne pour mettre un terme à la violence qui semble être avec l'amour porté à sa mère le seul sentiment que puisse exprimer le jeune homme. Celui-ci, effondré, est réconforté par Gurnemanz qui, au travers de l'ignorance, pressent la pureté du garçon qu'il invite à venir là où le temps devient espace assister à la cérémonie du repas que doit célébrer Amfortas en l'honneur du Graal qui dispensera ses bienfaits et ses nourritures aux chevaliers. Si le jeune homme est le pur qui doit régénérer le monde, le vase sacré saura lui révéler son mystère et lui faire saisir sa mission : poser à Amfortas la question de pitié et de miséricorde qui nettoiera l'âme du Roi de toute souillure.

arvenus dans une grande salle octogonale couronnée par une coupole, ils voient s'avancer les chevaliers qui prennent place pour la cène que doit consacrer un Amfortas toujours amené sur sa litière. Venant de son tombeau où est allongé son corps moribond, la voix de Titurel ordonne à son fils de célébrer l'office, mais le Roi-pécheur s'y refuse, appelle la mort de ses vœux et demande à son père d'une fois encore le remplacer. Mais Titurel est trop faible et Amfortas doit s'exécuter. Ainsi est découvert le Graal dont émane une lumière intense, plongeant le Roi dans un état extatique et rouvrant la plaie sanglante. Par la célébration du sacrifice, la grâce de la colombe est à nouveau descendue sur les servants du Graal. Alors que la salle se vide, le jeune homme demeure pétrifié et interdit, n'esquisse pas la moindre parole qui pourrait apporter le salut au souverain. Estimant qu'il n'est pas le fol pur qu'il attendait, Gurnemanz le chasse du sanctuaire.

 

cte II

u haut des murailles de son château, Klingsor aperçoit le garçon se diriger vers son domaine et, par des incantations, appelle Kundry qui retombe aussitôt sous son emprise. L'ensorceleur lui ordonne ainsi de séduire le plus dangereux des purs, mais Kundry cherche à se soustraire à l'ordre, raillant Klingsor qui a érigé sa puissance sur les tentations qu'il fait miroiter aux chevaliers et auxquelles il n'a pu lui même résister autrefois. Mais, désespérée et faible, Kundry se résout, espérant que les sortilèges qui l'entravent disparaîtront avec celui qui parviendrait à dédaigner ses charmes.

urant ce temps, le jeune homme atteint le jardin ensorcelé où des filles-fleurs tentent de le séduire par des jeux badins. Les ayant finalement repoussées, il découvre une Kundry provocante et sensuelle qui le hèle en prononçant pour la première fois son nom : Parsifal. La sorcière relate au jeune homme à quel point son départ avait plongé sa mère dans la douleur et entraîné sa mort. Profitant de la détresse morale et des remords de Parsifal, elle le séduit toujours plus, l'enlace et lui propose de lui faire découvrir le sentiment qui unissait ses parents pour aussitôt déposer sur ses lèvres un long baiser. Parsifal bondit, saisi d'effroi, et comprend que naît en lui ce qui conduisit Amfortas à sa perte. Kundry cherche désespérément à ramener à elle le garçon en qui elle voit celui qui peut racheter son âme, mais Parsifal demeure intransigeant et exprime le vœux de vouloir expier. Sur ce surgit Klingsor qui, afin de terrasser celui qui a résisté à la séduction, brandit la lance d'Amfortas et la projette vers Parsifal. Mais comme par miracle, le javelot s'arrête net, suspendu au-dessus de la tête du jeune homme qui s'en saisit et, dessinant le signe de croix, fait tomber en ruine les mirages de l'ensorceleur qui disparaît à jamais.

 

cte III

es années se sont écoulées et Parsifal n'a pas retrouvé le chemin des initiés vers Montsalvat et a erré de par le monde, acceptant tous les coups dans les batailles sans répliquer pour ne pas souiller la sainte lance. Durant ce temps, Amfortas a définitivement renoncé à célébrer l'office du Graal, réduisant les chevaliers au rang d'ombres. De fait, Titurel est mort et Gurnemanz s'apprête à assister aux funérailles de son ancien maître quand il découvre Kundry dissimulée sous la végétation, frappée d'un sommeil de mort. L'ayant ramenée à la conscience, l'écuyer remarque à quel point elle semble transformée, quand approche un étranger vêtu d'une noire armure, tête et lance baissées. Silencieux, celui-ci s'arrête à proximité de Gurnemanz et de Kundry. L'écuyer fait valoir que nulle arme ne peut être portée en ces lieux sacrés et l'inconnu ôte heaume et cuirasse avant de tomber en prière au pied de la lance qu'il fiche dans le sol. Immédiatement, Gurnemanz et Kundry reconnaissent Parsifal et son javelot : celui que l'écuyer avait pressenti autrefois a retrouvé le chemin du Graal. Après que Kundry a lavé les pieds de Parsifal, ce dernier demande à Gurnemanz de l'oindre, faisant de lui le nouveau Roi du Graal dont le premier geste est de baptiser Kundry enfin délivrée de ses tourments. Gurnemanz invite ensuite Parsifal à partir vers Montsalvat afin d'y accomplir le miracle du Graal.

ans le sein des seins du château où trône le reliquaire de la coupe, les chevaliers en deuil déposent la dépouille de Titurel et amènent la litière d'Amfortas. Les chevaliers en présentant le Graal enjoignent au Roi-pécheur de célébrer à tout le moins l'office funèbre de son père dont il a précipité la fin, mais Amfortas refuse de goûter à la source de vie et demande à ses compagnons de l'achever. Parsifal survient dans l'assemblée et, de la pointe de sa lance, effleure la plaie du Roi-pécheur qui se referme, lui gagnant le salut. Puis, approchant du Graal, Parsifal perdu en contemplation saisit la coupe qui s'éclaire d'une rougeur vive et irradie la salle d'une lumière blanche aveuglante. De la coupole descend une colombe vers la tête de Parsifal aux pieds duquel Kundry s'effondre, morte, et auquel Gurnemanz et Amfortas rendent l'hommage royal : miracle de grâce suprême, rédemption pour le rédempteur.