es premières épreuves (1834-1841) - 2/15

yant accepté divers emplois et après un premier poste de chef des chœurs à Wurzbourg en 1833, il est finalement en 1834 nommé directeur de la musique au théâtre de Magdebourg, alors qu'il se tourne sans grand bonheur vers la composition d'opéras comme en 1832 Les noces qui resteront inachevées et Les fées, petite œuvre qui ne sera jamais représentée qu'une seule et unique fois à Vienne, à titre posthume en 1888.

a vie de Wagner à Magdebourg n'est pas que professionnelle, mais aussi sentimentale quand il y rencontre l'actrice principale du théâtre, Wilhelmina Planner, "Minna" comme on la surnomme. Cette femme, déjà mère d'une fillette qu'elle a eue d'un officier à l'âge de quinze ans et qu'elle fait passer pour sa sœur, permet à Richard d'être son amant, mais lui refuse sa main parce qu'il est sans bien et elle le trompe sans vergogne, fuyant parfois avec les notables de l'endroit dont elle recherche la compagnie, car ce dont elle rêve par-dessus tout, c'est d'une vie bourgeoise qui procure la respectabilité dont se drape à l'excès la société du XIXe siècle.

ais il est écrit qu'en quittant Leipzig, Wagner signe le contrat du début des difficultés, et Magdebourg dont le théâtre géré de façon désastreuse fait faillite en 1836 n'est que la première épreuve. Richard tente bien de monter la Bataille de Vittoria de Beethoven, faisant fabriquer pour l'occasion des grandes machines destinées à reproduire le fracas des combats, ce qui a pour effet de faire fuir le public et de couvrir de dettes le musicien. Il faut donc partir et, Minna ayant trouvé un engagement à Königsberg, Richard la suit pour finalement l'épouser le 24 novembre 1836. Il en profite pour faire représenter une nouvelle œuvre achevée deux ans plutôt, La défense d'aimer, qui n'est exécutée qu'une seule fois et qui, comme les opéras précédents, copie plus un style qu'elle ne lui permet d'affirmer le sien.

out comme celui de Magdebourg, le théâtre de Königsberg fait banqueroute et les difficultés d'argent que Richard comme Minna sont incapables de maîtriser les assaillent à nouveau. Ils errent ainsi à la recherche d'engagements jusqu'à Riga où Richard débute en 1838 Rienzi, l'opéra à résonance patriotique et dans lequel point un style plus personnel, mais dont il sera le premier détracteur quelques années plus tard.

n définitive et alors que les autorités russes lui ont confisqué son passeport pour dettes, il décide de s'enfuir et de tenter sa chance dans la capitale culturelle de l'Europe d'alors : Paris ! Durant le voyage qui s'effectue sur un petit voilier, le "Thétis", il essuie une tempête mémorable : Le vaisseau fantôme s'ébauche. Après un passage à Londres, Richard et Minna atteignent Paris en août 1839.

ais "Paris la Lumineuse" est aussi la cité où s'échouent nombre d'artistes de tous bords, de tous talents, et dont la grande majorité voit se noyer ses rêves de succès rapide dans la misère des chambrettes sinistres où se réunissent les exilés. Wagner n'échappe pas à cette pénible situation. Aux grandes promesses, en particulier de Meyerbeer, la coqueluche du moment, succède la désillusion des engagements non tenus et il ne vit que d'expédients, acceptant de simples travaux de copiste, quémandant plus souvent qu'à son tour quelque argent auprès de riches mais hypothétiques protecteurs. Il en est même réduit à vendre pour cinq cents francs le livret du Vaisseau fantôme qui, retravaillé et mal orchestré par un musicien de second ordre, sombrera définitivement après dix représentations. Minna qui accompagne Richard s'aigrit bien naturellement : la situation de Wagner paraît désespérée.

ourtant, il travaille avec acharnement, achève Rienzi en 1840, entame dès l'été 1841 un nouveau Vaisseau fantôme, le Hollandais volant, et se plonge avec passion dans les légendes médiévales allemandes dans lesquelles il pressent pouvoir trouver un matériau original pour un opéra nouveau. Il rédige aussi de petites nouvelles qui font l'admiration de Heinrich Heine, l'auteur d'origine juive qu'il défend avec vigueur quand celui-ci fait l'objet d'attaques infamantes et auquel il emprunte la trame du Hollandais

n fait, à Paris, à cette époque, et hormis Franz Liszt, le virtuose hongrois dont Richard fait la connaissance et qui le soutient, seul Berlioz serait en mesure d'apprécier le travail de Wagner et sa conception de l'art, mais l'auteur de la Symphonie fantastique qui réfléchit également à des essais sur l'instrumentation idéale est lui-même dans la pire gêne et doit payer la mise sur pied de ses œuvres que l'on ne veut exécuter.