ayreuth
(1874-1876) - 11/15
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1867-1868 est l'époque des séparations, 1875-1876 est celle des retrouvailles.
Retrouvailles tout d'abord avec sa cousine Élisabeth. Si la Cour d'Autriche
a longtemps gardé rancune à Louis pour ses fiançailles rompues, les deux Wittelsbach
renouent occasionnellement puis, à partir de 1875, de manière répétée. L'Aigle
et la Mouette unissent à nouveau leurs solitudes dans le cadre paisible de
l'île des Roses. Et quand l'un des deux n'est pas là, l'autre lui écrit une
lettre qu'il enferme délicatement dans un tiroir dont ils sont seuls à posséder
la clé. Plusieurs semaines s'écoulent parfois avant que le message ne soit
lu, quand Louis quitte ses montagnes ou quand Élisabeth revient au détour
d'un de ses innombrables voyages qui l'entraînent loin de Vienne.

'année
1875 a également ses côtés sombres. Placé sous surveillance étroite depuis
deux ans, le prince Othon s'échappe et parvient en plein office dans la cathédrale
de Munich, délirant et confessant les pires perversions. L'internement est
devenu inévitable, mais Louis II exige que son frère soit traité avec tous
les égards dus à son rang et qu'un éminent spécialiste soit choisi pour le
soigner : le professeur Gudden.
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après, sur l'insistance de son entourage, Louis accepte de paraître à l'occasion
d'une grande parade dans la capitale. Attirée par la présence exceptionnelle
de son roi, la foule se presse en nombre et laisse exploser sa joie au point
de fortement perturber le programme. Tout semble donc rentré dans l'ordre
quand le 24 août tombe la nouvelle : le roi a disparu ! Certains pensent qu'il
a été assassiné à l'instigation de sa famille dont on sait déjà qu'elle complote
depuis 1866. D'autres affirment que les Prussiens l'ont enlevé. Que nenni
: fidèle au serment qu'il s'était fait l'année précédente, Louis passe son
anniversaire à la cathédrale de Reims, temple de la monarchie française. L'incartade
rembrunit les esprits.
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Louis a renoué avec Élisabeth, il retrouve également Richard Wagner malgré
les divers désaccords qui ont émaillé leurs relations depuis l'affaire de
La Walkyrie.
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1871, le compositeur avait décidé de se fixer définitivement pour mettre enfin
sur pied le théâtre des festivals lui permettant de présenter ses œuvres dans
le sens conçu pour la scène et le public. Là où Louis II désapprouve le projet,
c'est dans le choix de la ville de Bayreuth, certes en Bavière, mais dans
une région protestante longtemps liée aux Hohenzollern de Prusse. Pour Wagner
qui se veut le chantre de l'Empire dont il brigue les faveurs, Bayreuth est
à mi-chemin entre le trône de Bavière et la jeune couronne allemande. Plus
tard, en 1873, le poète Dahn, défenseur de la nouvelle Allemagne, rédige une
ode au roi Louis que ce dernier s'empresse de demander à Wagner de mettre
en musique. Trop occupé, le compositeur refuse, ce qui provoque la colère
du roi qui interdit à Düfflipp de donner suite à toute nouvelle facture transmise
par Wagner.
r,
dès 1874, l'entreprise de Bayreuth est une nouvelle fois menacée de faillite,
si bien que le roi, dans son indéfectible attachement, s'exclame que tout
cela ne peut se terminer de la sorte, sauvant le projet grâce à une généreuse
donation.
il
huit cent septante-six. Le festival. Louis accepte de venir à Bayreuth à la
condition expresse de n'être soumis à aucune représentation officielle et
de n'avoir à rencontrer aucun souverain, à commencer par le kaiser Guillaume
1er attendu pour la mi-août. Ainsi qu'il en a émis le souhait, le roi assiste
seul à la générale de L'or du Rhin, un public prié d'être discret étant
toléré lors des autres opéras de la Tétralogie pour de simples raisons
d'acoustique.
uparavant,
dans la nuit du 5 au 6 août, alors que les officiels de Bayreuth attendent
malgré tout son arrivée à la gare, le train bleu et or de Louis II fait halte
en rase campagne à quelques kilomètres de là. Un homme l'y attend : Richard
Wagner. Après huit ans, les retrouvailles sont émouvantes, le compositeur
les yeux embués remerciant le mécène pour ses innombrables bontés. Puis tous
deux s'enfoncent dans la nuit pour rallier le château de l'Ermitage où ils
discutent jusqu'à l'aube.

ouis
est fasciné par le Festspielhaus et par la grande œuvre wagnérienne, perfection
artistique. Reparti le 10 août, Louis n'y tient plus et revient à Bayreuth
le 27. Bien que séparé des autres souverains par des cloisons et malgré son
désir d'éviter toute manifestation, il ne peut échapper au vibrant et enthousiaste
hommage d'une salle à laquelle Wagner au comble de l'émotion se joint pour
honorer celui sans qui rien ne serait arrivé. Le peuple a à peine le temps
de s'associer à cette liesse que Louis, sincèrement touché par tant d'affection,
regagne les Alpes.