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château du Cygne (1867-1869) - 7/15
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le départ de Sophie qui n'a été qu'un pis-aller durant l'absence du Maître,
nombreux sont ceux qui craignent le regain d'influence de Wagner. Or, le compositeur
regagne la Suisse tandis que son mécène, fuyant les regards inquisiteurs,
s'isole dans la si chère nature alpestre. Divers événements séparent d'ailleurs
rapidement Richard et Louis. En effet, fin 1867, Wagner fait paraître une
série d'articles dans lesquels il glorifie les grands souverains allemands
protecteurs des arts avant de se lancer dans une violente diatribe contre
l'Église, ce qui mécontente Louis qui, étant lui-même très pieux, se sait
monarque d'une nation catholique.

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outre, le nouveau secrétaire de la Cour Lorenz von Düfflipp qui contrairement
à son prédécesseur Pfistermeister ne nourrit guère le goût de l'intrigue et
se veut un serviteur honnête de son roi parvient à ouvrir les yeux de Louis
sur la nature exacte des liens entre Richard et Cosima. Plus vraisemblablement,
le roi sans se l'avouer réellement sait depuis un certain temps à quoi s'en
tenir quand le 13 décembre, il écrit à l'Ami pour l'inviter avec tact à ne
plus rien faire qui pourrait alimenter la critique à propos de cette situation
qui perdure depuis trois ans.
'ensuit
une longue période sans la moindre lettre, mais n'y tenant plus, Louis reprend
la plume à l'approche du printemps, préférant ignorer la situation conjugale
des Bülow afin de ne pas mettre en péril la création tant attendue des Maîtres-chanteurs
de Nuremberg.
i
le règne de Louis II se voulait un nouvel âge d'or, le jeune souverain a dû
en peu de temps faire face à la mesquinerie, aux intrigues, à la guerre, à
un mariage raté et à la désillusion avec en trame de fond la perspective de
voir disparaître son trône dans les aléas de la grande politique. Dès lors,
c'est dans les montagnes, dans le reflet des eaux lacustres, qu'il donne forme
à son idéal de beauté et de pureté.
il
huit cent soixante-huit. Louis fait part de son intention de relever les ruines
d'un vieux burg situé sur un piton rocheux à quelque distance de Hohenschwangau
: ce château qui ne porte pas encore le nom de Neuschwanstein, éternelle incarnation
de l'idéal romantique allemand, se veut avant tout un temple dédié à la gloire
de l'Antique Germanie et aux œuvres de son chantre, Richard Wagner.
imultanément,
le roi est à nouveau happé par l'opéra avec la création des Maîtres-chanteurs,
le 21 juin. Dès le début de la représentation, faisant fi de l'étiquette,
Louis II prie Wagner de venir assister dans sa loge à la représentation, marque
d'un indéfectible soutien qui prélude au triomphe de l'œuvre érigée au rang
d'opéra national bavarois.
lors
que débutent les travaux du chantier du nouveau château de Hohenschwangau,
le roi, fidèle au goût des Wittelsbach pour le voyage, fait réaliser sur les
toits de la Residenz de Munich une gigantesque structure de métal et de verre
destinée à abriter son premier refuge, sorte de vaste jardin d'hiver à la
mode orientale. Ce lieu sera plus tard le cadre d'une piquante anecdote quand
l'une des innombrables théâtreuses que l'on croit bon d'envoyer au monarque
fera croire à une chute dans l'étang qui y est aménagé dans l'espoir d'être
secourue par le roi qui, loin d'être dupe, recommandera à ses domestiques
de repêcher cet étrange poisson. Tous ceux qui découvrent cet îlot de luxuriance
en retirent une vive impression qui confine au fantastique quand ils ont la
chance de pouvoir emprunter la nacelle d'or tirée sur la pièce d'eau par un
cygne, symbole omniprésent jusque dans ce rêve tropical.

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cygne, Lohengrin : tout ramène le roi à la construction de son vaisseau de
grès et de marbre blanc. Pourtant, dès novembre, il songe à un nouveau projet
destiné à concrétiser sa passion croissante pour la monarchie française du
Grand Siècle. Louis a besoin d'un autre Trianon, d'un autre Versailles. Linderhof
et Herrenchiemsee vont surgir de terre.