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runes qui sont parvenues jusqu'à l'ère moderne ont été transmises par quelques
manuscrits comme des versions de l'Edda dont l'une, du XVIIIe siècle, est
connue de tous les amateurs de mythologie. Très importants sont également
les objets divers, bijoux en or, boîtes en ivoire,… qui portent des inscriptions
runiques sensées éclairer le motif ou la scène mythologique représentée. Finalement,
le témoignage le plus impressionnant réside dans les grandes pierres sculptées
ou gravées, souvent des monuments funéraires, que l'on trouve à travers le
monde germanique et surtout nordique.
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point de vue graphique, les runes sont des caractères très intéressants en
ce sens qu'il existe une filiation évidente entre eux et l'alphabet qui, sous
une forme ou sous une autre, est parvenu dans les régions d'Europe centrale
où vivaient les Germains. Cette influence n'est nullement surprenante étant
donné que, contrairement à une idée fausse communément répandue, les échanges
entre les mondes méditerranéen et extraméditérranéen se sont toujours révélés
particulièrement intenses. Hormis cette similitude avec l'alphabet, l'absence
totale de traits horizontaux est l'un des éléments les plus frappants de l'écriture
runique. De fait, l'emploi du bois comme matériau de base pour l'écriture
a conditionné la forme des caractères, puisque ces derniers étant gravés,
il était difficile de former les caractères en creusant perpendiculairement
au sens des fibres, si bien que bien les traits horizontaux ou courbes de
l'alphabet gréco-latin ont été remplacés par des obliques. Les runes ne connurent
en outre aucune adaptation en écriture cursive, ce qui est justifié par son
usage presque exclusivement épigraphique.