euples antiques

 

Dans un instant, l'évolution des peuples d'Europe depuis le IVe millénaire av.J.-C. jusqu'au 1er siècle ap.J.-C.
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i l'on excepte les communautés issues de la préhistoire récente et quelques civilisations aux origines encore mal définies comme celle des Étrusques, les Européens sont pratiquement tous issus de l'établissement voici plusieurs millénaires des Indo-européens, lesquels ne formaient pas une population unifiée, mais plutôt une communauté unie par un mode de vie, un groupe de langues,… La désignation "Indo-européen" est préférée depuis quelques décennies au terme "Aryen" qui fut galvaudé et qui véhicule encore de nos jours des connotations erronées auprès de personnes peu informées, qu'elles soient ou non en faveur de certaines thèses. La question est en fait sans grand intérêt puisque, en schématisant à l'extrême, ces Aryens, ces Indo-européens, se scindèrent en deux groupes majeurs. L'un se dirigea vers le sud et le subcontinent indien, donnant lieu à ce que l'on nomme sans vaine crainte sémantique les invasions aryennes, lesquelles conditionnèrent de manière définitive la société dans cette partie du globe. L'autre groupe se répandit au départ des steppes de Russie et occupa tout le quart sud-est du continent européen voici cinq mille ans. En plusieurs vagues successives, divers sous-groupes s'installèrent jusqu'aux finistères occidentaux de l'Europe et, de la Grèce à la Scandinavie et à la péninsule ibérique, le continent fut couvert de l'empreinte de ces cultures qui s'étaient progressivement individualisées, conservant un tronc unique largement attesté par l'étude comparée des langues ou des mythes. Ainsi, qu'ils soient Celtes, Latins, Germains, Slaves, Baltes, Grecs,… tous sont originaires de groupes communs qui, comme les branches des arbres, se sont séparés du tronc pour ensuite s'enchevêtrer dans le cours de l'histoire. L'Europe est similaire aux poupées russes où, d'un élément de base, le temps a fait se décliner une myriade de peuples.

 

Dans un instant, l'arborescence des principales langues indo-européennes

a Grèce avec sa grande culture constitua une référence incontournable et s'affirma comme la première très grande civilisation en Europe forgeant son histoire et son art qui eurent tôt fait de se propager dans toutes les directions, relayés en cela par Rome. Ces grandes cultures partagent de toute évidence des racines identiques qui transparaissent au travers des structures sociales, des mythologies,… Ces dernières sont d'ailleurs bien connues grâce aux témoignages qui ont été laissés tant par des écrits que par des éléments de preuve indirecte qui permettent de cerner leur univers. Cette profusion de vestiges magnifiques fait que pour beau nombre de personnes, la culture non chrétienne en Europe se limite à cette Grèce et à cette Rome. Il serait pourtant bien faux d'admettre une telle simplification qui renverrait le reste du monde aux âges les plus noirs quand de plus en plus est entré dans les habitudes de regarder ces peuples, depuis les Celtes à l'Ouest aux Scythes à l'Est en passant par les Germains ou les Slaves, comme de riches civilisations dont l'étude a depuis trop longtemps été négligée au profit de ce qu'un goût antique partial considérait comme le seul domaine digne d'intérêt.

ombre de civilisations ont vu le jour concomitamment à celles de la Méditerranée centrale. Les cultures de Halstatt ou de la Tène firent de cette Europe dite "barbare" au sens étymologique du terme un foyer important de développement et d'échanges qui produisit des articles tantôt robustes, tantôt finement ouvragés comme en témoignent les vestiges découverts dans tout l'Ancien Monde.

Chaudron de Gundestrup

e qui crée une différence fondamentale entre la Grèce ou Rome et les autres peuples d'Europe tient au fait que les premiers, au contact des grands empires méditerranéens de l'Est ou du Sud, ont développé un système sociopolitique nettement plus élaboré que ce que connaissaient les seconds qui, au sein de groupes de population moins importants exerçant leur autorité sur des aires plus réduites, perpétuaient la structure clanique directement héritée des Aryens. Il reste encore à l'heure actuelle, et malgré des siècles de changements, des traces évidentes et pourtant méconnues de cette organisation qui s'appuyait sur la famille au sens étendu du terme et sur les alliances que celle-ci pouvait conclure. Par-delà la famille, le clan, se positionnait la tribu, ensemble plus vaste provenant de l'assentiment porté à une union plus vaste, mais encore très relative. Les tribus n'avaient pas de domaine clairement délimité et le territoire d'une tribu s'apparentait plus à un espace vague, mouvant, où s'appliquait une autorité, qu'elle émanât d'un roi ou d'une assemblée. Il va sans dire que le concept national était étranger aux Européens et c'est par abus flagrant que des images antiques furent récupérées et développées pour justifier les conflits modernes.

insi, si l'État romain dominait la Mare Nostrum, il était d'usage commode de dire que les Celtes occupaient le littoral atlantique et l'Europe occidentale tandis que les Germains étaient cantonnés dans le nord du continent, de la Scandinavie jusqu'à l'approche des Alpes en passant par les rives de la Baltique. Cette vision simplifiée dissimule mal qu'en réalité, chaque grand groupe de peuples et en son sein chaque tribu était en mouvement, entrant au contact des autres pour les supplanter ou se fondre à eux. De là, la distinction entre Celtes et Germains est très relative, surtout dans les territoires où ces groupes se succédèrent et une simple commodité pour l'esprit consiste à mettre les Celtes dans l'empire romain et les Germains en dehors, le limes s'appliquant moins aux peuples qu'à l'exercice de l'administration impériale. De récentes études ont d'ailleurs démontré que diverses tribus situées entre Meuse et Rhin devaient très certainement être plus germaniques que celtiques, ce type de catégorisation se révélant toujours très délicat en raison des fréquentes interpénétrations. Ce ne fut que bien plus tard que les Slaves connurent à leur tour leur expansion pour donner les trois grands sous-groupes qui les caractérisent : celui de l'Ouest, de la Baltique aux Carpates, celui du Sud, dans les Balkans et celui de l'Est, dans la grande plaine russe. Les limites entre ces grandes ethnies n'ont jamais été établies de manière concrète et ont fluctué au gré des migrations progressives de chacune des tribus les constituant.

ontrairement à l'idée souvent véhiculée, la frontière de l'empire romain n'était pas qu'une "muraille infranchissable" subissant incessamment les assaut des barbares et les liens tissés à sa proximité pouvaient se révéler très fructueux pour chacun tant que l'identité et l'indépendance respectives des partenaires étaient maintenues.

Fronton du Walhalla près de Ratisbonne

ette caractéristique de la mentalité germanique avait échappé à Varus, un général romain fraîchement promu. Alors que ses prédécesseurs avaient ménagé l'orgueil des tribus, Varus considéra les peuples à l'est du Rhin comme des vassaux, si bien qu'à l'instar des Gaulois, les Germains en l'an 9 unirent leurs forces sous les ordres d'Arminius, ou Hermann, pour attirer et détruire trois légions entières dans la profonde forêt allemande de Teutoburg, mettant un terme définitif à l'expansion romaine dans cette région.

a Rome païenne avait retenu la leçon essentielle qui était que l'on ne pouvait forcer les tribus à se soumettre contre leur gré si cela portait atteinte à leurs droits ou à leur culture. C'est cet enseignement que ne retinrent pas les chrétiens, ce qui devait conduire à l'une des plus vastes entreprises de destruction intellectuelle et identitaire jamais connue.