vant-propos
epuis
deux mille ans, l'influence des religions monothéistes issues du Proche-Orient
a plus que largement dominé l'histoire du continent européen. Dans cette Méditerranée
orientale, les peuples sémitiques s'étaient voués à diverses religions plus
ou moins proches dont le judaïsme s'était démarqué en optant pour le monothéisme,
s'identifiant à un État, le pays des Hébreux. C'est au sein de ce judaïsme
qu'apparut une dissidence que l'on eût apparentée à une secte et qui fut diffusée
par ceux qui se réclamaient de Jésus de Nazareth. Cette propagation donna
ainsi naissance à la deuxième grande religion monothéiste, le christianisme.
Finalement, quelques siècles après, un prophète fonda la troisième branche
actuelle des principales religions sémitiques, l'islam. L'une des caractéristiques
fondamentales des judaïsme, christianisme et islam est d'avoir systématiquement
été des religions dites révélées dans lesquelles un intermédiaire quel que
soit le nom qu'il faille lui donner érigeait au rang de dogme le message reçu
d'une entité divine supérieure. Ces trois religions ont conditionné l'histoire
européenne depuis la fin de l'Antiquité et, à maintes reprises, les tenants
de telle ou telle foi se livrèrent des guerres acharnées pour le triomphe
de ce qu'ils croyaient être leur religion, leur obédience. Ce sentiment d'appartenance
se justifiait certes pour les sujets du roi David ou pour ceux des califes
de Bagdad, mais les peuples d'Europe croyaient, vivaient et se battaient pour
des concepts qui en définitive leur étaient étrangers, car issus d'une vaste
importation théologique.
la suite de certains courants philosophiques, l'athéisme, expression de la
raison pure, se propagea à son tour en se présentant comme l'alternative à
une religion en proie au discrédit, mais incapable de répondre aux questions
les plus fondamentales liées aux besoins irrationnels de l'homme, il ressembla
en définitive à une quête inaboutie. L'athéisme pur et dur fut d'ailleurs
lui-même de plus en plus remis en cause et nombre d'Européens ayant quitté
le giron chrétien officiel se sont mis à flotter dans une insatisfaisante
incertitude qui leur imposait la raison pour dogme et la foi discrète comme
assurance.
une époque où le christianisme régresse de manière constante, une réflexion
doit être portée sur la question de la spiritualité et, au-delà, sur l'identité
profonde de l'Europe et de ses peuples. Dans cette période incertaine et pleine
de dangers potentiels, par-delà une passivité sans avenir, diverses personnes
ont pris le parti d'aller à la recherche d'univers différents de ceux qui
leur furent inculqués. Parmi ces "explorateurs" ayant choisi la rupture avec
des siècles de religion imposée et de scientisme bon teint, il convient de
distinguer trois groupes principaux.
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premier est malheureusement celui de ceux qui ont été abusés par des individus
peu recommandables que seul animait l'esprit de lucre. Les sectes, quelle
que puisse être leur inspiration, qu'elles se réclament d'un christianisme
revu et corrigé ou de philosophies orientales dévoyées, continuent d'offrir
à prix fort leurs mirages et ce d'autant plus aisément que la question passe
progressivement au second plan de l'actualité et que la liberté de culte poussée
dans ses formes les plus extrêmes est systématiquement brandie. Elles se dotent
d'une façade honorablej, image couverte par une savante médiatisation d'autant
plus dangereuse qu'elle est insidieuse, efficace et qu'elle banalise ces mouvements
aux objectifs obscurs. Peu importe pour ces sectes de mélanger des cultes
hétéroclites et d'ériger au rang de miracle intellectuel les pires syncrétismes
pourvu qu'elles acquièrent l'ascendant nécessaire sur les esprits des victimes,
forme de pouvoir la plus aboutie.
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deuxième groupe est celui de ceux qui ont décidé de tourner leurs regards
vers les horizons lointains, comme ceux où règnent les philosophies orientales.
Si beaucoup de ces dernières ont l'immense mérite de ne pas faire preuve du
prosélytisme des grandes religions monothéistes, il n'en demeure pas moins
que ces modes de pensée ne sont que des palliatifs qui ont été empruntés ailleurs,
au sein de populations qui n'ont que peu en commun avec l'héritage multimillénaire
européen.
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fait même que ceux qui ont décidé de se détourner de la religion officielle
aient cherché une vérité dans des dérives pseudospirituelles ou dans des écoles
de pensée étrangères démontre un constat essentiel à toute réflexion sur les
peuples d'Europe, à savoir leur manque de mémoire, de connaissance de leur
racines véritables et surtout de curiosité vis-à-vis d'eux-mêmes. Rares semblent
être ceux qui prennent conscience que leurs ancêtres, avant d'avoir été de
gré ou de force convertis aux religions monothéistes, avaient une culture,
une foi, un mode de pensée dont ils avaient hérités au fil des générations
et qui ne devait rien à un quelconque article d'importation. C'est au sein
de ces passionnés que l'on trouvera le troisième groupe, celui de ceux qui
considèrent avant tout qu'une culture ne s'acquière pas comme un article de
bazar ou ne se constitue pas à la carte au départ d'ingrédients que l'on combine
à sa guise sans se préoccuper de la cohérence globale.
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cette époque où l'Europe se trouve à la croisée de nombreux chemins tant politiques
qu'intellectuels et spirituels, il importe d'éviter les écueils, de rechercher
une stabilité et de retrouver une identité au cœur des braises encore lumineuses
et radieuses de cet héritage, braises sur lesquelles il suffit de souffler
pour les faire à nouveau rayonner et flamboyer afin de rendre à l'Europe ses
repères éternels, ceux dont chacun de ses descendants est au plus profond
de lui-même issu et qui, parce que l'univers mental d'un peuple est inaltérable,
fournissent une voie pour entamer une ère nouvelle.
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travers de la mythologique germanique, c'est à un univers longtemps proscrit
qui faillit disparaître à jamais que l'on fait appel pour affirmer une inébranlable
foi dans le destin. C'est à ce voyage que vous invite Walhalla : présenter
une vue d'ensemble des mythes anciens afin qu'aux côtés de ceux
célèbres du monde gréco-romain, ils reprennent à jamais
la place qui est la leur dans la véritable civilisation européenne.