osmogonie et eschatologie

ans l'ensemble des textes relatifs à l'univers mythique germanique, nombre sont ceux qui, à l'instar des contes grecs, sont des récits dont il appartient à chacun d'apprécier tout à la fois la charge philosophique et l'aspect divertissant. Pourtant, au sein de ce legs culturel se détache un groupe d'œuvres qui dépassent ces simples dimensions narratives pour toucher à une autre sphère qui fait que la légende prend une dimension exceptionnelle conduisant au véritable mythe.

tudes respectives des commencement et fin de l'univers, les cosmogonie et eschatologie germanique sont deux éléments de la plus haute importance pour qui désire connaître l'univers mental d'un peuple. Mésestimer ce rôle de l'inconscient collectif et religieux ne saurait conduire qu'aux clichés parfois réducteurs dont les manuels d'histoire continuent d'abreuver le bon peuple. Par delà, on trouvera également au travers de la lecture de ces récits un intéressant point de départ pour saisir les éléments communs à tous les peuples européens ainsi que ceux qui procèdent d'une évolution propre, traçant ainsi le saisissant arbre généalogique de la culture originelle et authentique de l'Europe.

osmogonie et eschatologie ne sont pas comme on pourrait le croire deux ensembles distincts et séparés, ouverture et final d'un grand opéra entre lesquels l'action se déroulerait linéairement sans rappel des leitmotive. Il n'y a pour ainsi dire aucune césure entre ce qui constitue l'ensemble des mythes sur la fondation de l'univers et ceux sur sa destruction, de sorte que le tout est intimement lié, amalgamé, et qu'il semble bien souvent que tout début n'est que le signal d'une course vers la fin annoncée et que chaque fin n'existe que pour commencer une ère nouvelle. L'héritage mythologique sous la forme dans laquelle il a été transmis à l'homme moderne courbe le fil des événements pour le refermer sur lui-même dessinant ainsi un cycle, un cercle semblable au serpent cosmique Jormungand entourant les terres ou similaire à l'anneau, au Ring, symbole de la perfection et de son pouvoir.

omme il y a douze mois dans l'année, ce grand cycle de récits peut être découpé en douze époques et, au départ du néant originel, il entraîne le lecteur à sa suite dans cette course vers le Crépuscule des Dieux qui ne précipite le monde ancien dans l'oubli que pour mieux le faire renaître.

'existence de ce grand axe récurrent à travers l'ensemble des récits narratifs justifiait son individualisation par le biais d'une rubrique distincte. L'ensemble des mythes proposés a été replacé dans un ordre logique, étant entendu que tout travail d'interprétation des vieilles légendes impose parfois une certaine rationalisation. De la même manière, les diverses versions transmises pouvant parfois conduire à certaines contradictions, une forme d'arbitrage basé sur le principe du maximum de vraisemblance s'est révélée nécessaire pour offrir un ensemble cohérent capable de brosser un grand portrait de l'univers des mythes de l'Antique Germanie. En outre, et quand cela s'est avéré possible, les noms continentaux transmis par la tradition allemande ou attestés dans la langue française ont été préférés aux appellations scandinaves, d'où la coexistence de termes issus des diverses langues.

ue ne s'étonne donc pas l'érudit qui connaît les difficiles écueils du travail de compilation et que chacun maintenant ouvre la grande bible des païens, le livre où dorment les secrets de l'âge d'or qui est le sien. Et s'il n'est pas assez fou pour s'initier à leurs secrets, ils le laisseraient vivre à genoux et jamais ils ne lui diraient…