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forgeron
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ce qui avait trait à la forge revêtait une importance particulière chez les
peuples indoeuropéens, quelque région qu'ils habitassent. Cela était d'ailleurs
si essentiel à la vie, au développement et à l'épanouissement de la civilisation
que l'on conserva l'habitude de décrire les divers âges de l'histoire antique
par le biais de termes en relation avec la métallurgie. Il était dès lors
tout aussi logique que naquissent des récits ayant pour thème principal cet
art de la forge qui toujours fascine, incandescence qui réduit le métal et
le forme suivant la volonté de l'homme. L'histoire de Wieland illustre ce
propos. Elle ne manquera pas de rappeler les grands classiques de la mythologie
grecque où le forgeron, en l'occurrence Héphaïstos, souffre d'une disgrâce
physique et se voit contraint d'œuvrer jour après jour là où la terre elle-même
entretient son brasier. De même apparaît ici l'alter ego germanique
du mythe d'Icare.
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sirènes ont depuis toujours aimé se jouer des hommes qu'elles charmaient pour
les attirer dans les profondeurs de l'onde. Pourtant, certaines unions entre
sirènes et marins portèrent leurs fruits, comme le prouva la naissance de
Wieland. Avec le temps, celui-ci acquit auprès des nains la connaissance du
feu et de l'art de la forge, disciplines vitales et hautement estimées. Son
ouvrage était particulièrement réputé et était considéré comme relevant du
chef d'œuvre le plus authentique.
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avait également deux frères avec lesquels il découvrit un beau jour trois
jeunes femmes-cygnes qui se baignaient, ayant ôté le vêtement qui leur donnait
habituellement l'apparence des gracieux oiseaux. Se montrant les plus prompts,
les frères se saisirent des habits laissés sur la rive, condamnant de fait
les jeunes femmes à conserver leur apparence mortelle et humaine. Là, feignant
de n'avoir quoi que ce fût à se reprocher, Wieland et ses frères recueillirent
les jeunes femmes et en firent leurs compagnes.
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années pleines de bonheur s'écoulèrent. Les trois frères avaient depuis longtemps
oublié comment ils s'étaient conquis leurs épouses, mais ces dernières se
languissaient de leur ancien état de cygne. Découvrant par surprise leurs
anciens atours, elles comprirent la ruse qu'avait employée leurs maris et
s'enfuirent à jamais, vainement poursuivies par deux d'entre eux qui revenaient
de la chasse. Wieland pour sa part espérait le retour de son épouse qui lui
avait confié comme preuve de son amour un anneau conférant la longévité :
il ne put cependant jamais demeurer suffisamment longtemps que pour savoir
s'il avait eu raison.
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effet, un roi scandinave nommé Nidung appréciait hautement le travail de Wieland
et ordonna que le forgeron fût enlevé et conduit jusqu'à lui. Nidung était
rongé par la méfiance et enivré par la cruauté. Comme il ne voulait pas que
Wieland exerçât à l'avenir son art pour qui que ce fût d'autre que lui, il
résolut de le tenir captif et de s'assurer de ce qu'il ne serait jamais en
mesure de s'évader en lui faisant trancher les tendons des chevilles. Puis
le malheureux forgeron fut exilé sur une île volcanique où il dut sans relâche
confectionner pour son tortionnaire les plus beaux bijoux comme les plus solides
épée, casques et boucliers. Et les jours se succédèrent sans fin, la captivité
semblant ne jamais devoir s'achever.
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réfléchit longuement au moyen qu'il pourrait bien employer afin de se soustraire
à l'emprise de Nidung, mais le triste état de ses jambes qui le portaient
avec douleur excluait tout procédé habituel d'évasion. Or, comme le sont les
nains et les elfes noirs, les forgerons savent se révéler particulièrement
inventifs et ce fut ainsi que Wieland qui ne pouvait compter sur ses pieds
songea à employer ses bras. Et tel l'aigle qui s'envole vers les cieux en
signe de liberté éternelle, Wieland conçut le projet de s'échapper par les
airs, préparant à l'insu de Nidung de superbes ailes de métal.
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temps, les deux fils de Nidung débarquèrent sur l'île afin de venir juger
de la qualité du travail du maître-forgeron. Bien mal leur en prit, car Wieland
vit là l'opportunité inespérée de se venger de la souffrance qui lui avait
été infligée. Ayant réussi à occire les jeunes gens, il prépara leurs crânes.
Pierres enchâssées et appliques d'or et d'argent finement ouvragé achevèrent
de transformer ces ossements en un chef d'œuvre d'orfèvrerie que Wieland s'empressa
d'expédier à la Cour de Nidung.
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ne sait comment Nidung projeta alors de punir son captif et cela revêtait
alors peu d'importance, car sur ces entrefaites, le fameux forgeron s'était
paré de ses ailes de métal pour s'envoler vers de meilleurs cieux. Certains
prétendent même qu'il monta si haut qu'il finit par atteindre le Walhalla.