e premier des épisodes de la saga des Nibelungen, fidèle à la tradition mythologique germanique, semble être le point de départ où un acte isolé inaugure un enchaînement inéluctable d'actes qui vont précipiter la fin des protagonistes. Dans le cas du Tribut de la loutre, kenning destiné à évoquer l'or, apparaissent tous les ingrédients que l'époque contemporaine peut considérer comme faisant partie d'elle-même, parce qu'ils sont éternels : pouvoir et richesse, concupiscence et haine. Ces thèmes sont si intemporels que Richard Wagner en a extrait la substance pour la replacer dans un contexte narratif totalement refondu, origine de son Anneau du Nibelung et plus particulièrement de L'or du Rhin. Par ailleurs, l'idée du Wergeld, cette somme convenue entre la partie lésée et le coupable d'un acte répréhensible, resurgit ici à nouveau, attestant de la régularité d'une telle pratique dont des exemples au haut Moyen Âge sont encore fournis par des chroniqueurs.